ANFORM GUIDE NAISSANCE MARTINIQUE 2024

anform !

Le Guide de la Naissance 2024

Ils sont fous, ces États-Uniens ! Choisir un prénom pour son enfant à naître est un moment de relation conjugale parmi les plus savoureux. C’est l’occasion d’échanger nos goûts, notre esthétique, nos envies, de constater nos convergences et de poser la première pierre d’un édifice commun essentiel. Hé bien, figurez-vous que même ce petit instant d’intimité de couple peut être objet de marketing. Certaines entreprises se proposent de vous fournir un prénom clé en main. Les « nommeuses d’enfant professionnelles », qui œuvrent sur les réseaux sociaux, ont reniflé le filon. Et elles n’hésitent pas à vous soulager de 1 000 à 30 000 euros (!) en échange de consultations, vidéos, livres, veille de prénoms à la mode, séances de « consulting » et accompagnement personnalisé… Préalablement, vous aurez répondu à un questionnaire pour indiquer vos choix : nombre de lettres, consonnances, inspirations, lettres interdites, groupe social désiré, évocations mythiques, références, etc. Et vous aurez l’assurance d’obtenir un prénom original ? Pas tout à fait. D’abord car vos goûts peuvent correspondre à des prénoms déjà utilisés en quantités. Puis parce que ce service se développant, les nommeuses essaient de « faire du buzz » sur le Web et propagent leurs prénoms fétiches. Lesquels seront bientôt de moins en moins originaux, forcément. Pour la peine, je vous l’o re, c’est cadeau : le prénom le plus donné en 2021, en Guadeloupe, Martinique et à La Réunion, c’est Jade. En Guyane, il y a Jade et Maria. De rien… Didier Royer Combien pour ce joli prénom ? Z.I Génipa 97224 Ducos contact@anform.fr www.anform.fr anform anformmagazine DIRECTEUR DE PUBLICATION Didier Royer didierroyer@anform.fr DIRECTRICE COMMERCIALE Émilie Valérius emilievalerius@anform.fr RÉDACTRICE EN CHEF Malika Roux malikaroux@anform.fr INFOGRAPHIE Twindesign - Tél 06 90 56 75 17 twindesign.gp@gmail.com PUBLICITÉ pub@anform.fr > GUADELOUPE - GUYANE Tél 05 90 80 95 04 Raymonde Saint-Louis raymondesaintlouis@anform.fr Tél 06 90 26 94 95 > MARTINIQUE - GUYANE Émilie Valérius emilievalerius@anform.fr Tél 06 96 81 60 43 > LA RÉUNION Émilie Valérius emilievalerius@anform.fr Tél 06 96 81 60 43 Cofondateurs : Brice Legay et Didier Royer Dépôt légal à parution - Numéro ISSN 2264-9662 Magazine édité par Kajou Communication SARL au capital de 35 000 euros SIREN : 482 205 622 - APE : 5814Z Tous droits réservés. Reproduction totale ou partielle interdite sans l’accord de Kajou Communication. L’envoi de tout texte, publicité ou photo implique l’accord pour une publication libre de droits et n’engage que la responsabilité de son auteur. Crédits photos : Gettyimages, Shutterstock. Couverture : © Gettyimages Le Guide de la Naissance 2024 Le Guide de la Naissance 2024 3

p. 9 Je suis enceinte !.....................................................................................11 Je fais un test de grossesse..................................................................11 Je calcule la date de début de grossesse........................................ 12 Infertilité : quand s’inquiéter ?............................................................ 12 Comprendre le diabète gestationnel................................................14 Zoom sur l’utérus................................................................................... 15 DOSSIER Tout savoir sur l'échographie............................................18 Mon bébé, semaine après semaine.................................................. 22 Le cordon ombilical, un organe essentiel. ...................................... 24 Je surveille mon poids......................................................................... 25 Les petits maux de la grossesse........................................................ 26 Les bons aliments pour maman........................................................ 28 Prévenir les infections urinaires.........................................................30 Bientôt maman Grossesse, émotion et anxiété . ........................................................30 Nos plantes locales riches en minéraux. ......................................... 32 Sargasses : attention grossesse !. .....................................................34 FICHE PRATIQUE Mon congé pour bébé. ...................................... 35 Zéro alcool pendant la grossesse..................................................... 36 Fièvre : pas de panique !.................................................................... 40 Mes pieds, j’en prends soin ! . ........................................................... 40 Séances de préparation à la naissance ...........................................42 Les seins se préparent à l’allaitement ! ...........................................44 À bas les vergetures !. .........................................................................45 Aménager la chambre d’enfant ........................................................46 Puériculture : les bons équipements................................................49 Une vie sexuelle épanouie.................................................................. 52 Sommaire 4 Le Guide de la Naissance 2024

Bébé grandit Bébé arrive La maternité qui me convient le mieux........................................ 55 J’ai dépassé le terme ! ..................................................................... 55 Nouveau-né : le poids idéal............................................................. 56 L’homéopathie pour mieux accoucher......................................... 57 FICHE PRATIQUE Ma valise de maternité.................................... 58 DOSSIER Les contractions en 5 questions. .................................60 Petits exercices de relaxation......................................................... 64 L’aider à se retourner........................................................................ 65 La dilatation du col de l'utérus....................................................... 66 J’ai perdu les eaux............................................................................. 68 J’ai peur d’arriver trop tard à la maternité................................... 68 Zoom sur la péridurale..................................................................... 69 Bébé : un vrai contorsionniste !...................................................... 70 Césarienne : ce qu’il faut savoir...................................................... 73 Les premiers soins après la naissance.......................................... 73 La méthode kangourou pour les prématurés............................. 74 Épisiotomie : seulement si nécessaire. ......................................... 74 Drépanocytose : un dépistage essentiel...................................... 76 La déclaration de naissance............................................................ 77 Il a la jaunisse...................................................................................... 77 Préserver mon hygiène intime........................................................ 78 2 méthodes efficaces pour retrouver la ligne ! .......................... 79 Son nom de famille........................................................................... 79 Deuil périnatal : en parler !. ............................................................. 80 Lait maternel : un concentré de nutriments................................ 82 Bien démarrer mon allaitement. .................................................... 83 Allaiter au travail, c’est possible !................................................... 84 Pas une, mais quatre fontanelles !. ................................................ 85 L’entretien post-natal. ...................................................................... 86 Jamais sans son carnet de santé ! . ............................................... 87 Ma contraception post-partum ..................................................... 87 FICHE PRATIQUE À mettre dans le sac à langer........................ 88 Les soins du cordon ombilical........................................................ 89 Bien porter mon bébé....................................................................... 91 Fais dodo............................................................................................. 92 Vaccination : même pas mal !......................................................... 92 Eczéma : quand la peau de bébé démange................................ 96 DOSSIER Les petits maux de bébé .............................................. 98 Le bon thermomètre....................................................................... 104 Premières dents............................................................................... 106 Pas à pas............................................................................................ 108 Préparer son entrée en collectivité............................................. 109 Le protéger des piqûres d’insectes.............................................. 110 Étouffement : les gestes qui sauvent............................................112 L’éveiller au langage.........................................................................113 Ses premières lunettes de soleil.................................................... 114 Une diversification réussie. .............................................................118 3 activités pour mon enfant............................................................121 Le transporter en toute sécurité. ..................................................122 Goûter : 5 recettes à faire avec eux..............................................124 Les indispensables de la trousse à pharmacie...........................126 Publier les photos de ses enfants : attention danger ! ............127 Éviter la surexposition aux écrans................................................127 Toutes les adresses des professionnels de la petite enfance. p. 128 Carnet d'adresses p. 53 p. 81 Le Guide de la Naissance 2024 5

Merci à nos spécialistes ! • Claire Rodriguez, sage-femme • Dr Lynda Pavili, biologiste de la reproduction • Cendrine Bureau, sagefemme • Danielle Brard, sage-femme échographiste • Dr Ismaël Touré, pédiatre • Dr Raoudha Mhiri, gynécologue obstétricienne • Nathalie Arvanitakis, diététicienne et phytothérapeute • Dr Sylvia Lurel, gynécologue-obstétricienne • Nelly Germain, sage-femme • Dr Catherine Ryan, gynécologue-obstétricienne • Monique Hislen-Guelfi, sage-femme spécialisée en hypnose • Dr Hélène Benichou, gynécologueobstétricienne • Cécile Carrasset, sage-femme • Sandrine Leblanc, sage-femme • Sylvie Aristide, sage-femme • Pr Eustase Janky, gynécologue-obstétricien • Dr Anna Auguste, pédiatre • José MiramMarthe-Rose, sage-femme • Nathalie Thumas, psychologue clinicienne • Isabelle Rousseau-Yokessa, sage-femme • Mélissa Richer Saint-Olympe, ostéopathe • Vanessa Rinaldi, praticienne en médecine chinoise • Dr Océane Barthélémy-Marre, gynécologue-obstétricienne • Peggy Clet, sage-femme • Dr Rémi Flament, anesthésiste • Larissa Joubert, sage-femme • Dr Shameem Soyfoo, gynécologue-obstétricienne• Christelle Nomdedeu, sage-femme, responsable du service maternité de la clinique Les Eaux Claires • Dr Christian Cérol, gynécologue-obstétricien • Marie Petras, praticien hospitalier • Dr Jean-Luc Voluménie, gynécologue-obstétricien • Dr Monica Fondevila, gynécologue-obstétricienne • Muriel Mermilliod, consultante en lactation IBCLC • Francelise Nadessin, présidente de l’ordre des sages-femmes de Guadeloupe • Dr Jessica Libri, médecin généraliste • Claire Denis-Bissainte, sage-femme • Dr José Périanin, pédiatre • Pénélope Bezot, infirmière-puéricultrice• Carine Sahai-Valluet, assistante maternelle• Dr Yannick Mpay, pharmacien • Dr Albert Ponsar, pédiatre • Dr Olivier Bouchard, ophtalmologue • Thierry Vadimon, président de l’association Niels • Dr Miguel Parra-Buchhammer, pédiatre • Dr Léa Donardim, pharmacienne et présidente du syndicat des pharmaciens de la Martinique • Remerciements • Réseau Périnat Matnik • Réseau Périnat Guadeloupe • Réseau Périnat Guyane • Repère, réseau périnatal La Réunion • Ont participé à ce numéro • Astrid Bourdais • Emma Chartier • Corinne Daunar • Anne Debroise • Sonia Delecourt • Frédérique Denis • Caroline Fiat • Sandrine Fleming • Marie-France Grugeaux-Etna • Céline Guillaume • Barbara Keller • Rebecca Lazzerini • Mathieu Rached • Priscilla Romain • Anne de Tarragon • 6 Le Guide de la Naissance 2024

Le Guide de la Naissance 2024

Bientôt maman Le Guide de la Naissance 2024 9 Bientôt maman

Les tests de grossesse urinaires ont une fiabilité comprise entre 95 et 99 %. 10 Le Guide de la Naissance 2024 Bientôt maman

Dès les premiers jours qui suivent une fécondation, le corps de la future maman subit une série de transformations induites par le système hormonal et métabolique. Celles-ci se manifestent par de nombreux symptômes. • L’aménorrhée, ou absence de règles, est généralement le premier symptôme observé surtout pour les femmes qui ont des cycles très réguliers. Des saignements peuvent tout de même survenir en début de grossesse. Ils sont dus à la nidation de l’ovule sur la paroi utérine et sont de couleur brune. Ce ne sont pas des règles. En revanche, s’ils sont très rouges et accompagnés de caillots, contactez votre médecin. En cas de changement de mode de contraception, vous pouvez passer un cycle Je suis enceinte ! sans règles et toutefois tomber enceinte. • Les nausées, parfois suivies de vomissements, sont des symptômes qui apparaissent assez vite chez certaines femmes. C’est l’hormone glycoprotéique (HCG) qui est responsable de ces e ets. Ces nausées se manifestent surtout quand la glycémie est basse. C'est pourquoi elles sont plus fréquentes le matin au lever. • Les seins deviennent plus durs, volumineux, et peuvent être douloureux au toucher. Les mamelons ont tendance à se gonfler et à foncer, et les tubercules de Montgomery (petites glandes présentes sur l’aréole) sont plus nombreux et plus visibles car les glandes mammaires se mettent à produire du lait pour le futur bébé sous l’action de la progestérone. Un test de grossesse détecte l'hormone caractéristique de la grossesse (chorionique gonadotrope, HCG ou bêta-HCG), sécrétée lorsque l'œuf se fixe sur la cavité utérine. Les tests urinaires ont une fiabilité comprise entre 95 et 99 %. Si le test est négatif, il a peut-être été e ectué trop tôt. Attendez 1 semaine pour le refaire (au réveil, c'est le moment où les urines sont les plus concentrées et présentent un taux d’hormone plus élevé). Au-delà, si votre retard de règles se prolonge, consultez votre médecin. Le seul test fiable à 100 % dès le 6e jour après fécondation reste le test sanguin bêta-HCG. Les rares cas de faux négatifs peuvent être liés à une mauvaise utilisation du test urinaire, une absorption trop importante d’eau, une infection urinaire, une grossesse extra-utérine… Je fais le test Pénétration du spermatozoïde Lors de l’éjaculation, près de 300 millions de spermatozoïdes sont déposés dans le vagin. Ils ne vivent que 72 h en moyenne et doivent donc se dépêcher de trouver l’ovule (qui lui, une fois expulsé, ne vit que 24 à 48 h). Une course de plusieurs heures pour parcourir 12 à 13 cm commence alors pour eux. Il leur faut tout d'abord survivre à l'acidité du vagin. Puis traverser le mucus recouvrant le col de l'utérus et remonter à travers la cavité utérine. Seules quelques centaines trouveront le chemin de la bonne trompe. Un seul parviendra à percer les membranes de l’ovule. Les deux cellules fusionnent alors en une seule pour devenir, au fil du temps, un embryon. Parcours du combattant Le Guide de la Naissance 2024 11 Bientôt maman

“Il existe deux méthodes complémentaires. La traditionnelle qui se base sur le début des dernières règles et l’échographie de datation, plus précise, à plus ou moins 3 jours. Mais, en général, celle-ci confirme la première technique”, indique Claire Rodriguez, sage-femme. Pour le calcul traditionnel, il faut connaître la date du premier jour de vos dernières règles et la durée approximative de votre cycle. Le début de grossesse est fixé à la date présumée de l’ovulation, 14 ou 16 jours après le début des dernières règles. Par exemple, avec un cycle régulier de 28 jours, si la date des derJe calcule la date de début de grossesse nières règles est le 1er janvier, la date de conception est le 14 janvier et la date d’accouchement le 14 octobre. Mais pour celles qui ont un cycle irrégulier, cette méthode se révèle aléatoire. Si les dates de ces deux méthodes di èrent, c’est celle de l’échographie qui sera retenue. On parle d’infertilité en cas d’absence de grossesse malgré des rapports sexuels réguliers non protégés pendant au moins 12 mois, période à moduler en fonction de l’âge de la femme, de l’homme, de troubles sexuels et/ou d’antécédents médicaux. « Au regard des chi res du réseau d’Aide médicale à la procréation du laboratoire Synergibio, nous pouvons a irmer que les couples consultent trop tard, soit en moyenne après 4 ans, voire plus d’infertilité, regrette le Dr Lynda Pavili, biologiste de la reproduction. Ce constat est en partie dû à l’errance médicale et au tabou qui pèse sur l’infertilité. En 2019, 59,5 % des femmes qui ont bénéficié d’une insémination dans notre laboratoire avaient 36 ans et plus, dont 33 % avaient plus de 40 ans. » Malheureusement l’e icacité des techniques d’AMP diminue en fonction de l’âge, comme la fertilité elle-même. En dehors de toute cause médicale, la fertilité féminine baisse très progressivement à partir de 25 ans et reste correcte (délai moyen pour obtenir une grossesse, inférieur à 1 an) jusqu’à 37 ans (données Collectif info fertilité - Ferti971). « La fertilité des hommes baisse également avec l’âge, précise le Dr Pavili, également présidente de l’asInfertilité : quand s’inquiéter ? sociation Ferti971. 78 % des hommes conçoivent dans les 6 mois lorsqu’ils sont âgés de moins de 25 ans, contre 58 % après 35 ans. De plus, quand l’homme a plus de 45 ans, il y a un risque accru de fausse couche. » « L’absence de grossesse au bout de 12 mois de rapports sexuels réguliers doit vous amener à consulter un médecin spécialiste de la fertilité, ce délai se réduisant à 6 mois si vous avez plus de 35 ans, conseille le Dr Pavili. Si vous présentez un problème de santé, un antécédent d’IST, des cycles irréguliers, des règles douloureuses ou abondantes, un antécédent d’opération des trompes ou des ovaires ou, par exemple chez l’homme, des antécédents de cryptorchidie, des testicules de volume abaissé ou douloureux, un spermogramme anormal, n’hésitez pas à consulter avant le projet de grossesse. » C’est le gynécologue qui est le plus souvent consulté. Le médecin traitant et la sage-femme peuvent aussi diriger le couple, avec les premiers bilans, vers les structures spécialisées en fertilité. « Il est indispensable de faire les bilans de dépistage chez les deux membres du couple, rappelle le Dr Pavili. Le spermogramme doit être prescrit conjointement au bilan de la femme. » 12 Le Guide de la Naissance 2024 Bientôt maman

Le Guide de la Naissance 2024 13 Bientôt maman

Le diabète gestationnel, appelé aussi diabète de grossesse, peut survenir chez la femme enceinte vers la fin du 2e trimestre. Toutes les femmes peuvent en être la cible, même si certaines sont plus à risque. C’est le cas des femmes qui sou rent d’obésité, dont d’autres membres de la famille sont diabétiques, qui ont déjà eu ce type de diabète lors de précédents accouchements, ou qui ont plus de 35 ans. Pour ces femmes, le dépistage sera systématique dès le 1er trimestre de la grossesse. Comme pour le diabète de type 2, le diabète gestationnel est provoqué par une intolérance au sucre. Sa présence peut être révélatrice d’un diabète existant depuis longtemps mais méconnu. Mais dans la grande majorité des cas, il disparaît à la fin de la grossesse. C’est le gynécologue qui va suivre la mère pendant sa grossesse et porter un soin attentif à cette pathologie qui, non traitée, peut comporter des risques pour elle comme pour l’enfant. Le glucose en excès chez la mère est transmis au fœtus et cette réserve calorique est stockée dans ses organes. C’est le risque Comprendre le diabète gestationnel L’hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) remplace le test O’sullivan pour le dépistage du diabète gestationnel. Ce test, réalisé au laboratoire, dure 2 h (pensez à prendre un livre !) et se déroule en quatre étapes. Le but est de contrôler la réaction de votre organisme face à l’ingestion de sucre. 1. Première prise de sang à jeun. 2. Absorption d’une boisson sucrée (75 g de glucose). 3. Deuxième prise de sang 1 h après. 4. Troisième prise de sang 2 h après. Faites le test ! d’un nourrisson anormalement gros (accouchement compliqué), sou rant de détresse respiratoire, d’hypoglycémie, et déjà atteint du diabète de type 2. Pour la mère, les risques sont ceux d’une prise de poids, d’œdème, d’hypertension et de développer aussi un diabète de type 2. Cendrine Bureau sage-femme 14 Le Guide de la Naissance 2024 Bientôt maman

TROMPE DE FALLOPE VAGIN OVAIRE UTÉRUS MYOMÈTRE COL DE L’UTÉRUS ENDOMÈTRE LIGAMENT L’utérus est un organe épais et creux. En forme de triangle, il est situé juste au-dessus du vagin, sur la ligne médiane entre la vessie en avant et le rectum en arrière. Il est retenu par des ligaments souples qui lui donnent une certaine flexibilité mais l’empêchent de descendre dans le vagin. La partie inférieure de l'utérus, la plus étroite, s’ouvre sur le vagin. Il s’agit du col de l’utérus. La partie supérieure, plus large, s’appelle le corps de l’utérus. Elle est constituée du muscle utérin (responsable des contractions) et tapissée par une muqueuse, l’endomètre. L’utérus est capable d’une formidable distension. En temps normal, il mesure 6 à 8 cm de hauteur, sur 3 à 4 cm de largeur et pèse environ 50 g. Au terme de la grossesse, sa hauteur est de 30 cm et son poids d’1 à 1,2 kg ! En début de grossesse, l’utérus a la forme d’une orange, puis vers la 12e semaine d’aménorrhée (SA), celle d’un pamplemousse. À partir de la 24e SA, l’utérus devient cylindrique, puis ovoïde (forme d’un œuf). Zoom sur l’utérus Le Guide de la Naissance 2024 15 Bientôt maman

L’échographie obstétricale et fœtale est dans certains cas le seul examen permettant d’identifier un risque pour le fœtus ou la grossesse en cours, de diagnostiquer une pathologie fœtale ou obstétricale, et de la surveiller. En France, trois échographies sont recommandées si la grossesse se déroule sans complication. Elles permettent de s’assurer que le bébé se développe bien. L’enquête nationale périnatale 2021 révèle que le nombre moyen d’échographies réalisées est plus important que celui recommandé. En Guadeloupe 5,2 échographies sont en moyenne réalisées dans le cadre d’un suivi de grossesse et un peu plus de 6 dans l’Hexagone ou en Martinique, et jusqu’à 7 à La Réunion, où 64 % des femmes ont réalisé 6 échographies ou plus au cours de leur grossesse. Le pourcentage de femmes ayant réalisé moins de 3 échographies est faible, sauf en Guyane où 13,7 % de femmes ne font pas suivre leur grossesse. Source : Enquête nationale périnatale 2021. 1 À quoi sert une échographie fœtale ? Tout savoir sur l’échographie DOSSIER 18 Le Guide de la Naissance 2024

L’échographie est une technique d’imagerie qui utilise des ondes ultrasonores hautes fréquences pour produire des images d’organes, de tissus ou de flux sanguins à l’intérieur du corps humain (leur fréquence est trop élevée pour produire une sensation auditive). Ces ondes, envoyées par une sonde, sont réfléchies à l’intérieur du corps par les di érents tissus présents sur leur trajet. En retour, les ondes ultrasonores réfléchies sont captées par la sonde et un logiciel informatique intégré à l’échographe permet de reconstruire une image de la zone que l’on souhaite visualiser. En ce qui concerne l’échographie fœtale, “afin d’obtenir l’information diagnostique nécessaire, le faisceau ultrasonore est constamment déplacé par rapport à la cible. L’exposition aux ultrasons de chaque zone du fœtus est donc extrêmement brève. Elle n’est prolongée qu’en cas de doute sur une pathologie localisée. Mais, même dans ces conditions, elle reste très limitée”, rassure Danielle Brard, sage-femme échographiste. Ainsi, dans les conditions d’utilisation médicale, aucun risque n’est connu. 2Sont-elles sans danger pour mon bébé ? Elle survient au 1er trimestre et doit avoir lieu entre 11 et 13 semaines d'aménorrhée (SA). Dite de « datation », elle permet : ● de dater précisément le début de la grossesse. Si la date relevée par cet examen di ère de celle calculée à partir du 1er jour de vos dernières règles, c’est la date obtenue à l’échographie qui est retenue ; ● de vérifier le bon fonctionnement du fœtus. L’échographiste compte le nombre d’embryons, vérifie si l’œuf est bien implanté dans l’utérus, s’assure que le cœur bat, examine le bébé, organe par organe, pour déceler d’éventuelles malformations. Une mesure particulière est réalisée, celle de la clarté nucale, afin d’estimer le risque de trisomie 21. 3En quoi consiste la première échographie recommandée pendant la grossesse ? Le Guide de la Naissance 2024 19

Elle intervient au 2e trimestre, entre 21 et 23 SA. Elle est dite « morphologique », car elle étudie méthodiquement l’anatomie et la croissance du fœtus. C’est l’échographie la plus longue et une étape très importante du suivi de grossesse. Elle permet : ● un examen morphologique complet afin de déceler d’éventuelles anomalies. Le praticien examine tous les organes en détails, ainsi que les membres et la tête. Il prend di érentes mesures, dites “biométriques” (diamètre et circonférence de la tête et de l’abdomen, taille du fémur, du nez, du cervelet, du pied, diamètre inter-orbitaire…). Le spécialiste évalue la vitalité du fœtus : mouvement des membres, respiration, déglutition, réflexe plantaire. Il observe le milieu dans lequel évolue le bébé : contrôle de la quantité de liquide amniotique et de la localisation du placenta ; ● de déterminer le sexe du bébé, si sa position le permet. 4Pourquoi la seconde échographie est dite « morphologique » ? Elle a lieu au 3e trimestre, entre 31 et 35 SA. Dite de « croissance », elle permet : ● de déterminer la taille et le poids de l’enfant ; ● de réaliser une analyse morphologique afin de vérifier le bon fonctionnement des organes comme le cerveau, le cœur, les reins, et dépister des malformations ; ● vérifier la position du fœtus, la localisation du placenta et la quantité de liquide amniotique. 5Que permet de déterminer la troisième échographie recommandée ? 20 Le Guide de la Naissance 2024

Le Guide de la Naissance 2024 21

Mois après mois, un petit être évolue à une vitesse spectaculaire dans le ventre de sa mère. La celluleœuf va d’abord se diviser en millions de cellules pour devenir un embryon. Quand cet embryon aura allure humaine, c’est-à-dire quand tous ses membres et organes seront formés, on l’appellera fœtus. Mon bébé, semaine après semaine 1er mois L’œuf s’implante sur la paroi utérine. Il grossit, prend la forme d’un petit haricot. Les membres commencent à bourgeonner. À 1 mois, l’embryon mesure la taille d’un grain de riz (4 mm) et son cœur bat. 2e mois Sa tête se déploie, est disproportionnée, ses bras et ses jambes commencent à s’allonger. Ses organes se développent (intestin, foie…). C’est l’organogenèse. Les traits du visage se précisent. 3e mois Les deux hémisphères cérébraux apparaissent. L’embryon commence à frétiller, mais ses mouvements ne sont pas encore perceptibles par la maman. Les organes sexuels se di érencient. 4e mois La peau du bébé se recouvre d’un fin duvet, ses mains sont bien formées, sa tête se redresse et paraît moins grosse, ses cheveux poussent. Les organes continuent de se développer (notamment les organes sexuels). 5e mois Toutes ses cellules nerveuses sont désormais constituées. Il est de plus en plus tonique, pousse avec ses pieds. 4 semaines 0,4 cm, 1 g 8 semaines 3 cm, 10 g 12 semaines 8 à 10 cm, 45 g 16 semaines 20 cm, 200 g 20 semaines 25 à 30 cm, jusqu'à 500 g 3 mois 5 mois 22 Le Guide de la Naissance 2024 Bientôt maman

6e mois Les glandes endocriniennes, le tube digestif, l’appareil neurologique et cardiovasculaire gagnent en autonomie. La graisse s’accumule sous sa peau, ses cheveux poussent. 7e mois Il s’arrondit et a désormais moins de place pour bouger. Ses yeux sont maintenant bien ouverts. 9e mois Il manque de place, ses bras et ses jambes sont repliés. Il prend environ 30 g par jour. Il commence à descendre dans le bassin. 24 semaines 33 cm, 1 kg 28 semaines 40 cm, 1,5 kg 32 semaines 43 cm, 2,5 kg 36 semaines 50 cm, 3,3 kg 6 mois 8 mois 9 mois 8e mois Ses principaux organes fonctionnent. La maturation des poumons s’achève. Faute de place, il bouge de moins en moins. Il exerce ses sens, réagit à la lumière. Le Guide de la Naissance 2024 23 Bientôt maman

LIQUIDE AMNIOTIQUE PLACENTA CORDON OMBILICAL FŒTUS URINE LIQUIDE PULMONAIRE AVALER VOIE INTRA MEMBRANEUSE VEINE FŒTALE ARTÈRE FŒTALE Le cordon ombilical, un organe essentiel “Le cordon ombilical permet au fœtus de survivre dans le ventre de la mère. Il lui apporte notamment de l’eau, di érents nutriments et de l’oxygène. Il assure également l’élimination des déchets du bébé (urée, gaz carbonique)”, explique le Dr Ismaël Touré, pédiatre. Le cordon ombilical se compose de vaisseaux sanguins garantissant ces échanges : une veine, deux artères, protégées par une gelée. L’une des extrémités se confond avec la peau du fœtus, l’autre est ancrée dans le placenta. En recueillant du sang par ponction dans la veine, il peut permettre aussi de dépister certaines maladies contagieuses, ou de diagnostiquer une éventuelle anémie. Le cordon se forme entre la 4e et la 8e semaine de la grossesse. Jusqu’au 3e mois, il est court, mais épais. Par la suite, il s’allonge et s’a ine, pour permettre au fœtus de bouger librement dans le liquide amniotique. En fin de grossesse, il mesure en moyenne 50 à 60 cm (il peut aller jusqu’à 1 m !) de long, et 1,5 cm de diamètre. À la naissance, le cordon perd son utilité. La première inspiration du nourrisson lui permet de s’oxygéner naturellement. Son alimentation est dorénavant assurée par l’allaitement ou le lait infantile. Une fois coupé (c’est indolore pour le bébé !), le cordon ombilical laisse une cicatrice unique : le nombril. 24 Le Guide de la Naissance 2024 Bientôt maman

Pour mener la grossesse dans les meilleures conditions pour l’enfant et la mère, une prise de poids par la mère est nécessaire. Comme l’explique le Dr Raoudha Mhiri, gynécologue obstétricienne, “elle correspond au développement des éléments de conception (le fœtus, le placenta et le liquide amniotique) et à l’adaptation de l’organisme maternel à la grossesse (augmentation du volume de sang, développement mammaire et utérin)”. Étroitement liée à son indice de masse corporelle (IMC) avant la grossesse, elle est di érente d’une femme à l’autre et varie selon les trimestres. La Haute autorité de santé préconise une prise de poids moyenne à terme d’environ 12 kg pour une femme de corpulence normale. Si la grossesse est gémellaire ou multiple, la prise de poids est de 3 à 4 kg supplémentaires. En cas de surpoids, on conseille une prise de 5 à 9 kg : plus l'IMC est élevé, plus la prise de poids doit être faible. “L’excès de prise de poids durant la grossesse augmente le risque de développer un diabète gestationnel, des maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle et prééclampsie) et la di iculté à perdre ses kilos. Mais aussi le risque de complications fœtales et d’accouchement par césarienne.” La prise de poids doit être progressive et régulière. • Au 1er trimestre, pas de prise de poids ou tout au plus 1 kg par mois. Jusqu’à la 15e semaine, les 3 ou 4 kg pris sont d’abord des réserves de protéines dans les muscles et de graisses dans les tissus adipeux de la mère. • Au 2e trimestre de grossesse, quand le bébé grossit plus rapidement, on compte environ 350 g par semaine (1,5 kg/mois). “Une prise de poids Je surveille mon poids Bébé 3 400 g + Liquide amniotique 800 g + Placenta 650 g = 4 850 g = 7 650 g Réserves maternelles de graisse 3 345 g + Rétention d'eau 1 480 g + Sang 1 450 g + Utérus 970 g + Seins 405 g Répartition de la prise de poids pour une femme ayant pris 12,5 kg plus importante est généralement liée à une alimentation hypercalorique.” • Enfin, au 3e trimestre, les besoins du bébé sont plus conséquents. La prise de poids est d’environ 400 à 500 g par semaine soit 1,5 à 2 kg/ mois. Il est indispensable d’avoir une alimentation équilibrée respectant les règles hygiéno-diététiques incontournables et un suivi médical régulier. Pas besoin de manger pour deux, mais plutôt d’adapter la qualité des apports nutritionnels et de maintenir une activité physique modérée qui permettra aussi de lutter contre certains maux de la grossesse. Enfin, avoir son poids de forme avant de tomber enceinte est un atout certain. Le Guide de la Naissance 2024 25 Bientôt maman

Les petits maux de la grossesse Nausées Elles surviennent le plus souvent pendant le 1er trimestre de la grossesse. • Au réveil, mangez du pain ou des fruits séchés. • Fractionnez vos repas, surtout en cas de vomissements. • Évitez les aliments gras et les plats épicés. • Ne vous allongez pas après avoir mangé. • Buvez des tisanes de gingembre avec un peu de curcuma. • L’homéopathie peut atténuer les nausées : Ignatia, Sépia ou Symphoricarpus. Constipation La progestérone entraîne un relâchement des muscles de l’intestin. De plus, l’utérus compresse les intestins, ce qui diminue l’e icacité du transit intestinal. • Consommez des graines de lin (bien les mastiquer). • Préférez les fruits (ex : pruneaux) et les légumes cuits. La grossesse est une période de bouleversements hormonaux, physiques et psychiques qui induisent de nombreux petits désagréments. Modifier quelques habitudes alimentaires peut aider à soulager ces symptômes. • Du psyllium en poudre apporte des fibres. • Privilégiez les légumes fibreux verts (haricots verts, épinards…). Brûlures d’estomac En fin de grossesse, le sphincter situé à la sortie de l’œsophage perd de sa tonicité et il arrive que du contenu gastrique acide remonte et provoque des brûlures d’estomac. • Évitez les aliments acides comme l’orange et la tomate (si le citron et le pamplemousse sont acides en bouche, ils provoquent dans l’estomac une réaction alcaline. Vous pouvez donc en consommer). • Évitez le café, le vinaigre, les féculents, l’excès de protéines, le sucre, le sel (pas plus de 5 g par jour), les épices (qui irritent l’estomac), les aliments lourds à digérer (ex : friture)… 26 Le Guide de la Naissance 2024 Bientôt maman

Ballonnements Avec la grossesse, le système digestif fonctionne au ralenti. • Le fenouil agit sur le processus de fermentation des aliments et draine les toxiques. • Évitez les aliments acides, le sucre. Jambes lourdes Avec l’augmentation des taux hormonaux, l’augmentation du volume sanguin et la compression par l’utérus des veines au niveau de l’abdomen, la grossesse s’accompagne souvent de troubles veineux. • Supplémentez-vous en vitamine C. • Prenez de l’OPC (oligo-proanthocyanidines) de raisin, ces flavonoïdes aux propriétés antioxydantes agissent sur la tonicité des parois veineuses. • Évitez les excès de sucre. Acné À cause du déséquilibre hormonal, la nature de la peau change, l’organisme sécrète plus de sébum, de sueur, favorisant les boutons d’acné. • Évitez les excès de laitages (notamment le lait de vache). Préférez les laitages fermentés. • Buvez des tisanes de bardane, de salsepareille ou de pensée sauvage. • Faites un masque de concombre (astringent) et d’avocat ou à l’argile rose (mélangé à un peu d’huile d’avocat). Chute de cheveux Contre les cheveux ternes et la perte de cheveux : • la vitamine B ; • la spiruline contient du fer et possède un e et rassasiant. Nathalie Arvanitakis diététicienne et phytothérapeute À QUATRE PATTES Mettez-vous à quatre pattes. Lentement et sur l’inspiration, e ectuez une antéversion (dos creux) et une rétroversion (dos rond) sur l’expiration. ÉTIREZ ! Assise sur une chaise, le dos bien droit, les reins non cambrés, le menton pointé vers la poitrine, tendez vos deux bras au-dessus de la tête. Les doigts sont croisés et les paumes tournées vers le ciel. Poussez les mains vers le haut en sou lant lentement. Vous étirez ainsi toute la région dorsale. DOS : SOULAGEZ LA DOULEUR ! Illustrations : © La souris 2.0 Le Guide de la Naissance 2024 27 Bientôt maman

• Alcool. • Gibiers, viandes et poissons crus ou mal cuits : ils peuvent être à l’origine de maladies dangereuses pour le bébé comme la listériose ou la toxoplasmose. Certains poissons sont susceptibles d’être contaminés par des substances chimiques (mercure) mais également par des micro-organismes, c’est le cas des poissons sauvages type dorade, raie, thon, marlin, requin. • Mayonnaise et préparations à base d’œuf cru (crèmes, mousse au chocolat…) : risque d'infection à la salmonelle. • Coquillages et crustacés. • Lait cru, fromage à pâte molle au lait cru (brie, camembert, coulommiers), car ils peuvent transmettre la listériose. • Charcuteries, fritures : lourds à digérer. • Graines germées crues. Elles peuvent être porteuses des bactéries E coli ou Salmonella. • Légumes mal lavés. • Les excitants : café, thé. À éviter • Eau : au moins 1,5 l par jour. • Protides : viande et poisson fournissent protéines et fer indispensable pour éviter le risque d’anémie. Alternez avec des légumineuses locales : lentilles, pois rouges, pois d'Angole, pois cassés, particulièrement riches en vitamines B, en protéines végétales, en minéraux et fer. Ce minéral est essentiel au transport de l’oxygène et à la formation des globules rouges dans le sang. • Calcium : il est nécessaire à la croissance osseuse (le lait, le fromage mais aussi... le gombo !) • Féculents : racines (igname, madère ou dachine, patate douce), fruit à pain et banane verte. • Légumes : ceux à feuilles vertes, comme les épinards, sont riches en folates (rôle très important dans le développement du système nerveux de l’embryon). • Fruits : la mangue, la papaye, riches en enzymes digestives ; le melon et la pastèque pour leur richesse en eau. L’acérola est l'un des fruits les plus riches en vitamine C (acide ascorbique), indispensable au bon fonctionnement de l’organisme et du cerveau. Les bons aliments pour maman 28 Le Guide de la Naissance 2024 Bientôt maman

Le Guide de la Naissance 2024 29 Bientôt maman

L’infection urinaire se traduit par la colonisation de la vessie (via l'urètre) par des germes souvent issus des flores digestive et vaginale. Cette infection, très fréquente pendant la grossesse, n’est néanmoins pas toujours ressentie par les femmes enceintes. Des symptômes tels que pollakiurie (augmentation de la fréquence des mictions) et dysurie (di iculté à uriner) sont dus à la diminution de la capacité volumique de la vessie compressée par l’augmentation du volume utérin. La brûlure mictionnelle et la survenue d’une fièvre ou d’une douleur lombaire unilatérale font craindre une complication de l’infection urinaire : la pyélonéphrite ou infection du rein qui demande à être traitée Prévenir les infections urinaires Grossesse, émotion et anxiété Pendant leur grossesse, beaucoup de femmes connaissent un état de mal-être important. Selon l’enquête nationale périnatale parue en juin 2023, il serait même plus fort dans nos régions que dans l’Hexagone. D’où vient cette fragilité émotionnelle ? Les femmes enceintes subissent un bouleversement hormonal dont les manifestations et les e ets sont très variables d’une femme à l’autre. « Ce bouleversement est multifactoriel et intervient chez chaque future maman, dans son unicité, explique la sage-femme, Nelly Gemain. Les conditions de sa propre naissance, son histoire et son contexte familiaux, ses antécédents personnels et médicaux sont autant de facteurs qui peuvent peser lourdement sur son état émotionnel, installant de l’anxiété, des peurs, un vrai mal-être. » Une future maman qui a déjà fait des fausses couches ou connu une mort fœtale sera fragilisée. Une femme qui a peur d’une césarienne, parce que sa mère et sa sœur l’ont vécue et en ont sou ert, vivra sa grossesse sous pression. Une femme qui a des soucis de santé, une maladie chronique en urgence afin d’éviter une infection généralisée (lorsque la bactérie passe dans le sang) ; et une menace d’accouchement prématuré. Les consignes à tenir pendant la grossesse sont : boire au minimum 1,5 à 2 l d’eau par jour, porter des culottes en coton, se laver après les selles, toujours s’essuyer de la vulve vers l'anus et surtout, ne pas retenir ses urines, vidanger la vessie le plus possible. Un test mensuel à l’aide d’une bandelette urinaire permet dans certains cas de détecter l’infection, mais le résultat doit être confirmé par un examen cytologique et bactériologique des urines (ECBU) en laboratoire. Dr Sylvia Lurel gynécologue-obstétricienne comme le diabète, peut s’inquiéter pour son futur enfant… Selon Nelly Gemain, « c’est moins la grossesse dans ce contexte que le contexte lui-même, antérieur à la grossesse, qui est significatif. Quel qu’il soit, dans sa di iculté, il doit inciter au suivi psychologique. Dans les milieux les plus aisés, l’anxiété est souvent renforcée par la capacité à accéder à des sources d’informations, y compris peu fiables, autour de la grossesse ». Les sages-femmes ont un rôle privilégié pour repérer cette fragilité émotionnelle chez les futures mères, précisant les informations dont elles disposent, repérant les antécédents lourds et les expériences di iciles, comme le contexte de la grossesse, les incitant à consulter un psychologue ou le médecin. Ce repérage peut aussi se faire lors de l’entretien prénatal obligatoire. « Malheureusement, regrette Nelly Gemain, dans nos régions, beaucoup de femmes qui en auraient besoin demeurent totalement réfractaires à la consultation psychologique, disant : « Je ne suis pas folle ! » Mais ça n’a rien à voir ! Être accompagnée, c’est essentiel. » 30 Le Guide de la Naissance 2024 Bientôt maman 10 à 20 % des femmes sou rent d'infections urinaires au cours de la grossesse. En chiffres

Le Guide de la Naissance 2024 31 Bientôt maman

Nos plantes locales riches en minéraux Mise en garde Pendant la grossesse et l’allaitement, les plantes doivent être utilisées avec beaucoup de vigilance, car elles contiennent des principes actifs qui ne sont pas sans danger. Demandez l’avis de votre pharmacien. L’eau de coco Très riche en minéraux et vitamines, elle aide les fonctions nerveuses, cardiaques et rénales. Elle contient une grande quantité de vitamines du complexe B, de minéraux (potassium, magnésium, calcium, sodium et phosphore) et d’oligo-éléments (zinc, sélénium, iode et soufre). Le pourpier (Portulaca oleracea) Riche en phyto-nutriments utiles pour résister aux infections et à l'anémie (fer et vitamine B9), il semble tout indiqué pendant la grossesse. Cuisiné en salade, il apporte (pour 100 g) : ¼ des besoins en oméga-3, 100 % des besoins en vitamine E, 50 % des besoins en bêta-carotène, 40 % des besoins en vitamine C (Longuefosse, 2010). En tisane, faites infuser deux poignées de feuilles fraîches pour ½ l d'eau, pendant 10 min. Le moringa (Moringa oleifera) Ses feuilles fraîches contiennent plus de protéines et de calcium que le lait, plus de vitamine C que l’orange, autant de magnésium que le chocolat, du fer (à peu près autant que les lentilles), de la vitamine A (à peu près autant que la carotte), du potassium en quantité équivalente à la banane. Les feuilles peuvent être ajoutées fraîches ou en poudre aux plats cuisinés, aux gâteaux, aux farines. En jus, lavez 250 g de feuilles de moringa. Mixez avec un peu d’eau. Passez au tamis en ajoutant de l’eau jusqu’à obtenir un liquide fluide. Sucrez à votre convenance (miel ou sucre). L’épinard (Amaranthus spp) Il est riche en vitamines et en minéraux, notamment en fer, phosphore et magnésium. Il permet de lutter contre l'anémie. On peut le consommer en bouillie dans un plat en sauce ou en salade. C’est aussi un remède doux contre la constipation. 32 Le Guide de la Naissance 2024 Bientôt maman

Le Guide de la Naissance 2024 33 Bientôt maman

Une étude martiniquaise* publiée en juillet 2022 dénonce la dangerosité des émanations des sargasses pour les femmes enceintes. Elles pourraient potentiellement déclencher l'apparition précoce de la pré-éclampsie. Cette pathologie provoque, entre autres, une élévation de la pression artérielle mettant en danger la femme enceinte comme le fœtus. Mais l’étude n’en est qu’à ses débuts. Et le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation et la Direction générale de la sécurité émettent quelques réserves. Les chercheurs se sont en e et basés sur “une notion de distance”. L’analyse porte sur 3 020 femmes enceintes, dont 653 seulement vivent à moins de 2 km des côtes. L’exposition à la toxicité des sargasses reste donc relative. Ces résultats préliminaires ne doivent donc pas a oler, mais peuvent cependant inciter à considérer les émanations de sargasses comme étant un potentiel facteur de risque de la pré-éclampsie, en plus du diabète, de l’âge et de l’hypertension. Les chercheurs invitent les “femmes enceintes qui auraient déjà du diabète ou de l’hypertension, avec une moyenne d’âge de 29 ans et plus, à être encore plus attentives si elles sont exposées au gaz qui s’échappe des sargasses en putréfaction, l’hySargasses : attention grossesse ! drogène sulfuré”. Et précisent que “lors du troisième trimestre de grossesse, il faut être attentif aux petits signes annonciateurs comme la pression artérielle, l’apparition de petits œdèmes au niveau des yeux et des chevilles”. *Etude publiée dans la revue Environmental Toxicology and Pharmacology. 34 Le Guide de la Naissance 2024 Bientôt maman

Mon congé pour bébé Congé de paternité Durée Naissance d’un enfant 25 jours Naissance multiple 32 jours Modalités 25 jours consécutifs ou non, dont 4 jours faisant immédiatement suite au congé de naissance (3 jours ouvrables). Délai de prise du congé Le congé doit être pris dans les 6 mois de la naissance. Délai de prévenance à l’employeur Le salarié doit informer son employeur au moins 1 mois avant la naissance de l’enfant et/ou du début des congés. Fiche pratique Bon à savoir ! Les travailleuses indépendantes disposent de la même durée de congé maternité que les salariées. Idem pour les agricultrices. Et si la future mère, che e d’exploitation agricole, ne parvient pas à se faire remplacer, des indemnités forfaitaires journalières pourront lui être versées. Congé de maternité Votre situation Vous attendez Congé prénatal Congé postnatal Durée totale du congé Vous n’avez pas d’enfant ou vous avez déjà un enfant votre 1er ou 2e enfant 6 semaines 10 semaines 16 semaines des jumeaux 12 semaines 22 semaines 34 semaines des triplés et + 24 semaines 22 semaines 46 semaines Vous avez déjà deux enfants et + un nouvel enfant 8 semaines 18 semaines 26 semaines des jumeaux 12 semaines 24 semaines 36 semaines des triplés et + 24 semaines 24 semaines 48 semaines Le Guide de la Naissance 2024 35 Bientôt maman

Le syndrome d’alcoolisation fœtale (Saf) est une des premières causes des troubles du neurodéveloppement, et de handicap cognitif et comportemental. Selon Santé publique France, il peut être responsable d’ “anomalies physiques (retard de croissance, malformations) et neurodéveloppementales (retard mental, déficit de l’attention, problèmes de mémoire, difficultés d’apprentissage…) qui révèlent un handicap” et d’anomalies faciales caractéristiques. Par précaution, il faut admettre qu’un seul verre d’alcool peut être nocif au bébé. Quelle que soit la boisson consommée (bière, rhum, whisky, pastis, vin, champagne…). Une récente étude Zéro alcool pendant la grossesse du Jama* publiée en avril 2022 auprès de 135 enfants confirme qu’une exposition à l’alcool in utéro, même de faible intensité, a des e ets mesurables sur la structure du cerveau de l’enfant et son comportement (agressivité et hyperactivité). Selon l’association Saf France, chaque année, il est estimé que près de 15 000 enfants naissent avec des Troubles causés par l’alcoolisation fœtale (TCAF) et que près de 1,3 million de Français vivent avec ces troubles. En Guyane, par exemple, chaque année, ce sont 160 bébés qui naissent avec des troubles liés à une consommation d'alcool pendant la grossesse. * Journal of the American Medical Association. 36 Le Guide de la Naissance 2024 Bientôt maman

Le Guide de la Naissance 2024 37

Fièvre : pas de panique ! La fièvre se définit par une température corporelle supérieure à 38 °C, prise au repos et dans un endroit normalement ventilé. Elle est généralement le signe que votre corps se défend contre une infection. Comme l’explique le Dr Catherine Ryan, gynécologue-obstétricienne : “Si vous êtes enceinte, ce signe ne doit pas être pris à la légère ! En e et, la cause de cette température corporelle trop élevée peut être bénigne, comme dans le cas d’un simple rhume, mais elle peut aussi être le témoin d’une pathologie à prendre en charge pour vous et/ ou votre enfant à naître (appendicite, pyélonéphrite, rubéole, toxoplasmose, zika, dengue, CMV*, listériose…). La fièvre peut aussi avoir des conséquences sur l’évolution de votre grossesse (contractions utérines, risque d’accouchement prématuré…). Devant la possible gravité de ce symptôme, le réflexe de la femme enceinte doit être de consulter un professionnel de santé. D’une façon générale et dans ce cas également, toute automédication durant la grossesse est à proscrire. Lors de la consultation, le médecin vous prescrira éventuellement des examens complémentaires (sanguin, urinaire, vaginal…) et le traitement adapté.” * Di icile à déceler, l’infection à cytomégalovirus (CMV) chez la femme enceinte peut causer des troubles irréversibles au fœtus. Mes pieds, j’en prends soin ! Pendant la grossesse, la masse corporelle augmente, les ligaments se détendent, le centre de gravité se déplace vers l’avant, le bassin se cambre, créant des pressions sur des parties du pied d’habitude moins sollicitées (comme la zone antérieure). Les muscles des pieds et des hanches doivent s’adapter à cette nouvelle posture. Des douleurs peuvent apparaître, mais aussi des tendinites. Sans parler des oignons (Hallux valgus), des ongles incarnés et des états inflammatoires. Le retour veineux plus di icile peut entraîner des gonflements des pieds. Prévenir ! • Dès le début de la grossesse, o rez-vous une séance de pédicure-podologie, en particulier si vous avez une tendance aux cors ou aux ongles incarnés. Car, plus le ventre grossira, plus il sera di icile d’assurer vous-même l’entretien de vos pieds. • Sur les conseils d’un podologue, utilisez des orthèses plantaires pour soulager les appuis douloureux. • Pratiquez une activité en piscine encadrée pour soulager les tensions. • Consultez votre médecin ou sage-femme pour la prescription de bas de contention. • Choisissez des chaussures adaptées. Avec leur amorti, les chaussures de running sont idéales ! Évitez absolument les talons trop hauts et trop fins, peu stables, et les chaussures sans talons, de type ballerine, qui risquent d’accentuer les douleurs lombaires. L’idéal est de porter des talons larges de 3 ou 4 cm. Privilégiez les chaussures à bouts ronds ou ouvertes pour éviter que les orteils ne soient compressés. • Sous l’action des hormones et du surpoids, la peau des talons peut s’assécher, se fendiller, se crevasser. Massez régulièrement et hydratez avec des crèmes spécifiques ! 40 Le Guide de la Naissance 2024 Bientôt maman

RkJQdWJsaXNoZXIy MTE3NjQw